Cycle de séminaires Création, production, expérience

Sous la direction de Cécile Croce

Prochain rendez-vous : mercredi 4 mars de 15H30 à 18H30, salle 2, MSHA.

Programme :

« MONSTRUOSITE ET DESIGN »

I – Monstruosités en corps

Bernard Lafargue, Du Body-art à l’auto-design
D’un terme à l’autre, c’est le passage d’une conception de l’art comme révélation (alethéia) à une conception de l’art comme création (ar(s)tifex), qui se donne à entendre.
En s’appuyant sur les performances d’artistes allant de Journiac à Verna, cette communication se propose de mettre en évidence quelques nouveaux concepts habiles à rendre compte de cette nouvelle figure l’art.
Bernard Lafargue est Professeur des Universités en Esthétique et en Histoire de l’art à l’Université Bordeaux Montaigne, critique d’art et rédacteur en chef de Figures de l’art

Thomas Brunel, L’archétype du monstre de Frankenstein : quand le cyborg fait peur
Le monstre de Frankenstein est la personnification de la terreur scientifique de l’époque sous les traits d’ un golem des temps modernes. Un archétype est né ! Repris sous différentes formes (génétique, robotique, cybernétique…), il est l’incarnation d’une crise existentielle : celle du corps monstrueux, ce freak qui, désormais, est en chacun de nous.
Thomas Brunel est doctorant en Arts Plastiques au MICA sous la direction de Bernard Lafargue. Il étudie l’esthétique et la politique du corps du cyborg dans l’art contemporain.

Murielle Navarro, Le mythe du vampire, créature polymorphe et figure de la monstruosité
Le vampire, personnage de fiction inquiétant mais fascinant dans son altérité extrême, suscite la crainte de l’Autre, dans de multiples transpositions artistiques. Menacé par son animalité, il interroge la société sur l’ambivalence et la dualité des individus. Avec le temps, la figure du vampire a revêtu l’habit d’un être humain socialement adapté et exceptionnellement mouvant. La bête monstrueuse va se métamorphoser peu à peu, en quittant l’autre, l’étranger, pour se rapprocher davantage de nous-mêmes. Et il n’existe pas de pire monstre que celui en qui on peut s’identifier…
Murielle Navarro est en troisième année de doctorat en arts (théorie, histoire, pratique) à l’université Bordeaux Montaigne. Elle interroge le thème du «cannibalisme des récits populaires dans l’art contemporain » en revisitant cet imaginaire peuplé de mythes ou de contes monstrueux.

Cécile Croce et Ema Eygreteau, A l’intérieur de soi
Les oeuvres d’Ema Eygreteau sont création continuée à travers laquelle se développent des monstruosités protéiformes et polymorphes qui expérimentent une peau-chair-corps. Elles dessinent une expérimentation de soi aux accents de recherche scientifique et chirurgicale, mais rappellent aussi bien le jeu infantile débridé, des mises en scènes d’objets aux oeuvres participatives. Aller à l’intérieur de soi c’est aussi en sortir quelques monstres. Un design de soi ambivalent.
Ema Eygreteau est enseignante en arts plastiques et plasticienne. Elle travaille depuis vingt ans la peau (objets, installations, performances).
Cécile Croce est Maître de Conférences Habilité à Diriger des Recherches en Esthétique et Sciences de l’art à l’Université Bordeaux Montaigne, chef de Département Carrières Sociales à l’IUT Bordeaux Montaigne. Elle suit le travail de plusieurs artistes, en particulier celui d’Ema Eygreteau.

II – Expériences du corps dans l’espace

Anne-Cécile Lenoël, Poïétique tératologique du design : expérience fictionnelle de l’espace
Loin de l’aporie de la reproduction industrielle des objets-signes, seront présentées des poïétiques singulières du design qui explorent des contingences psychologiques et émotionnelles de l’humain.
Anne-Cécile Lenoël est doctorante et chargée de cours en design à l’Université Bordeaux Montaigne, UFR Humanités, rattachée au MICA, Axe 4.

Sofian Beldjerd, Le corps habite-t-il en esthète ? Une lecture sociologique de l’expérience esthétique dans l’espace habité
Il s’agit de présenter les résultats d’une enquête empirique consacrée aux activités d’aménagement et de décoration de l’habitat, afin de caractériser certaines des relations à l’oeuvre entre modalités mentales et corporelles de l’appropriation des espaces privés et intimes.
Sofian Beldjerd est Maitre de Conférences à l’Université de Poitiers (IAE). Il a soutenu à l’Université Paris-Descartes une thèse de sociologie portant sur la relation esthétique aux espaces du quotidien. Ses recherches concernent actuellement la mise « en valeur » des objets ordinaires.

Corinne de Thoury et Muriel Rodolosse, non-taxinomiste
« Situant ma peinture au-delà d’une égalité des genres mais dans leur interdépendance, je montre combien la classification est autoritaire, théocratique, essentialiste et arbitraire. En déplaçant les genres, la nature des êtres et des éléments, les rapports d’échelle et de hiérarchie, ma peinture se qualifie de « non-taxinomiste » (M. Rodolosse, 2014).
Les dispositifs créés par Muriel Rodolosse relèvent de stratégies d’interdépendance et d’empêchement, imaginés pour questionner la peinture et sa relation à l’exposition.
Muriel Rodolosse a montré son travail dans diverses institutions. Elle a actuellement une exposition à la galerie Gowen Contemporary à Genève et à la galerie Polaris à Paris.
Corinne de Thoury est Maître de Conférences en Esthétique et Sciences de l’art, elle suit depuis de nombreuses années le travail de Muriel Rodolosse et a écrit plusieurs textes sur sa peinture.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *